Un séjour au Laos en demi-teinte

Hello Hello, voici trois semaines que nous sommes au Laos. Arrivés depuis la frontière avec le nord de la Thailande, nous l’avons traversé du nord au sud.

Le banana trail au nord ( le circuit typique des touristes est très touristique : Luang Prabang, Vang Vien, Vientiane) nous a fait peur. Trop d’infrastructures, de restaurants, d’agence de voyage, on nous avait promis l’authenticité, elle nous semble un peu dure à trouver. Les agences promettent de la trouver pour 60 à 80$ par jour et par personne dans les villages et forêt alentours… Quand le Laos est un des pays les plus pauvres de la planète : on a vraiment eu l’impression d’être des pigeons. Nous avons donc décidé de fuir très vite au Sud. Mais quel périple ! Un premier minibus de 12h entassés à l’arrière sur des routes et des pistes défoncés avec des locaux antipathiques qui se sont arrangés pour bien nous mettre tout au fond du van, sur les enceintes poussées à fond. Une nuit à Vientiane dans le pire endroit depuis le début du voyage avant de reprendre un bus le lendemain pour les grottes de Konglor. A chaque fois qu’on prend un bus, on a vraiment le sentiment qu’on nous prend pour des andouilles ! Faut payer des prix de touristes pour aller au bus qui est garé hyper loin du centre (aucune logique !), faut encore payer quand le bus décide de nous déposer au milieu de nulle part à 15km de l’arrivée et qu’on est obligé de prendre le seul tuk tuk qui nous attend (comme par hasard ! ca à l’air d’être une jolie mafia…). Bref le début du voyage a été compliqué sur 9 jours nous avons fait 7 jours de bus et pas croisé de Laos agréables.

Prenez le minibus c’est plus confortable qu’ils disaient…

Au sommet de Luang Prabang

Vente de poulets grillés dans les bus, très pratique !

Le pont de bambou de Luang Prabang (payant pour les blancs)

Un petit crapaud pour l’apéro ?

A moins que vous ne préfèriez un rat ?

Les grottes de Konglor étaient vraiment magnifiques ! 7km de cavité traversée en bateau à travers la montagne. Impressionnant ! On a été invité par des ados à manger chez eux de l’autre côté de la montagne. 1er vrai contact avec des locaux sympas ! Enfin ! Et nous avons dormi chez l’habitant avant de repartir le lendemain pour Thakkek. Là aussi nous avons passés un bon moment avec eux bien que la communication fût limitée : ils ne parlaient pas anglais et Google ne parle pas Lao. Nous avons eu droit à une bénédiction avant de passer à table. On n’a rien compris de ce qu’il se passait, mais vu qu’ils avaient l’air de nous souhaiter de bonnes choses on est restés dociles 😊.

6h du mat, la famille nous donne un sac de riz gluant pour le petit dej, nous revoilà recroquevillés dans un tuk tuk pour 5h dans la poussière et sur les pistes. Morgane voulait du local, en voilà !

 

A l’approche de la sortie de la grotte

Des pics karstiques entourent toute la région

Nos copains de l’autre côté de la grotte

Ils nous ont même ramené en moto

La chambre du homestay, bien mieux que pas mal d’hotels !

Notre hôte pour la soirée

Nous arrivons à Thakkek et là on décide de faire du stop et pas prendre leur tuk tuk mafieux pour rejoindre le centre. Il est 12h, il fait 40 degrés au soleil. Morgane sourit à toutes les voitures mais ce n’est pas évident. On finit par un peu s’imposer dans un pickup qui se révèle être un ange et nous dépose sur le parvis d’un hotel random que nous lui avions donné pour qu’il comprenne où nous souhaitions nous rendre !

Thakkek n’a aucun intérêt, les guides touristiques papier semblent faire du remplissage. On est déçus mais profitons au moins du coucher du soleil sur le Mékong et sur la Thailande !

Le lendemain, c’est reparti pour un bus. On s’offre la clim car nous avons 7h de bus à faire. Ladite clim marchera 1h. On cuit et ça ne dérange personne. On arrive à Pakse où nous n’échappons pas au tuk tuk mafieux encore une fois… Nous sommes enfin dans le sud et avons 4 jours devant nous sans bus pour profiter du plateau des bolavens en moto.

Le coucher de soleil à Thakkek

Le mode selfie de l’appareil photo a toujours autant de succès

Une de nos rencontres autour de Tad Lo

Ça y est ! on commence à apprécier le pays. On a traversé les villages, les rizières et les plaines. Vus de très belles cascades, des champs de thé et de café. Crevé une fois mais c’est normal à chaque fois qu’on loue une moto c’est pour nous, on est rodés ! Plus du rustine et réparation douteuse, on fait direct changer la chambre à air et on profite de notre journée, on les connait les loustics !

On a rencontré des laotiens très mignons dans les villages très reculés et pauvres. On a distribué du shampoing, des brosses à dents, … et on s’est senti extrêmement impuissant. Certaines images resteront dans nos esprits, notamment celles de garçons pied nus dans une décharge sauvage à fouiller les poubelles. C’est une dure réalité et malheureusement sans passer par des ONG sérieuses, on s’est rendu compte qu’il était assez dur de les aider de façon indépendante. Les agences et guides ne reversent probablement pas l’argent aux villageois lorsqu’ils organisent des tours.

On verra aussi le Wat Phu, un temple Khmer à l’Unesco dont le site est calme et grandiose. On passe beaucoup de temps à admirer les frangipaniers sur l’escalier qui mène au temple. On profite !

LA cascade du plateau des bolavens

On trouvait que ça manquait de koalas…

Dans les escaliers du Wat Phu

Les bikers du dimanche

Toujours ces splendides escaliers

La table à sacrifice humain, oui, oui…

La patrouille des éléphants veille au grain

23 janvier, on rend notre bolide et sautons un minivan pour les 4000 iles dans l’extrême sud du Laos. Cela fait des mois que nous avions planifié de donner des cours d’anglais en volontariat là-bas pendant une bonne semaine. Cette date nous a fait nous dépêcher pour traverser le Laos, d’où enchaînement de bus. Et là c’est le fruit de la passion sur le gâteau de riz : en arrivant on se fait jeter comme des malpropres. Le prof en charge du projet n’est pas là, il nous a dit qu’il arriverait dans 2 jours mais que son épouse s’occuperait de nous d’ici là. Mais sa femme ne veut pas de nous. Elle hurle au milieu du chemin que son mari est un bon prof mais un très mauvais mari et qu’on ne peut pas rester. On a beau lui expliquer qu’on vient de loin  et que son mari était ok, qu’on l’avait eu au téléphone récemment. Elle s’en tape que ses enfants et ceux du village apprennent l’anglais, elle s’en tape de nous. On a plus qu’à se chercher un hotel. Bim ! Morgane a les larmes aux yeux. On contacte à nouveau le prof qui nous apprend qu’il prolonge son séjour de 5 jours à la capitale, inutile de l’attendre…

Du coup nous passons 3 jours sur la paisible et peu touristique île de Don Khong. Très belle et les locaux sont accueillants, souriants et très très zen !! On y fait la connaissance de Marie et Sylvain, deux voyageurs au long cours avec qui le courant passe direct. Une des belles rencontres de notre voyage.

On ne pourra malheureusement pas éviter le petit parrain local des bus qui baragouine français et arnaque chaque personne avec le sourire, en vous expliquant qu’il ne peut pas faire moins de 8$ de commission sur la vente de ses tickets de bus (par personne) et que de toute façon tout passe par lui donc aucune chance de lui échapper…

Le boeuf a été remplacé mais pas encore l’homme

Roue arrière très impressionnante

Don Khong au coucher de soleil

Vue sur le Mékong

Photo cliché

Le making of, notez le casque, ici c’est safety first !

Un troupeau de canards sauvages nous charge

En bref, le Laos c’est joli mais c’est devenu difficile d’y voyage sans très gros budget et en fuyant le tourisme de masse. Les laotiens prennent très souvent les blancs pour des billets de banques sur pattes, vu leur niveau de vie c’est surement dur de les blâmer. On s’est beaucoup demandé pourquoi les quelques laotiens qui avait pu étudier et avaient réussi à monter des business plus florissants qu’être cultivateur ou pêcheurs n’aidaient pas leur pays ou leurs voisins. On vous avoue ne pas vraiment avoir trouvé de réponse. Les ONGs ont du boulot et certaines le font déjà très bien ! Le pays se fait piller par les chinois (classique) et les vietnamiens, la corruption n’arrange rien. Les laotiens ont encore beaucoup de chemin à faire et nous regrettons de ne pas avoir pu les aider davantage.

Ce n’est pas du tout le Laos que nous imaginions depuis l’Europe. On s’est rarement sentis les bienvenus même si certains moments passés avec eux ont été intenses et mémorables.  Le tourisme de masse et le pseudo eco tourisme qui se développent l’ont terni beaucoup plus fortement que d’autres pays asiatiques. Sentiment partagé par la plupart des routards croisés dans le pays, eux aussi venus dans l’optique de partager et donner de leur temps et frustrés par l’accueil qui est réservé aux « longs nez ».

Vous en faites pas, les longs nez gardent quand même le sourire 🙂