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Mékong à bicyclette

Jour 1:
12h: arrivée à Strung Treung chez le loueur de vélo après un périple en van qui devient habituel (18 personnes pour 12 places sans compter les sacs de riz). Première bonne surprise du jour, les vélos sont de très bonne qualité et récents. Cédric a même droit à un 29 pouces. On dit au revoir à nos sacs à dos et on met bien la pression à l’agence pour qu’ils soient à Kratie dans 2 jours. Le courant passe bien avec le loueur, on part rassurés pédaler. Nous allons lançons pour le trajet des quatre « H » : hot hard hurt et happy… 
Nous attaquons par 30 kilomètres de piste le long du mekong, accompagnés par les HELLLOOO de tous les enfants croisés. Il a même faillit neiger lorsque nous avons vu une centaine d’adolescents ramasser les déchets au bord des routes. Du jamais vu en 6 mois !
Les vélos roulent tellement bien qu’on en rate une intersection pour prendre un ferry. Une fois le bateau trouvé nous arrivons à koh phrea, au milieu du mekong. On y passe la nuit chez la famille de l’instituteur du village, dans une superbe maison en bois. Nous avons notre propre chambre et un vrai lit, une première pour un logement chez l’habitant. 

Le bac avec les vélos

On est pas trop chargés pour une fois

A l’assaut des rapides ! On a failli se retourner qu’une seule fois 🙂

Jour 2:
Départ 7h en barque avec le père de famille, l’instituteur, les vélos et nous. Le bateau fait 4m de long, on est un peu tassés. Nous devons descendre 20km pour atteindre le nord de l’île de koh phdau. En chemin on passe plusieurs rapides et l’embarcation est déstabilisée à plusieurs reprises par des rochers cachés dans les remous. Notre capitaine connaît son affaire, rien ni personne ne tombera à l’eau. ils nous abandonnent à la pointe nord de l’île que nous devons traverser dans la journée, non sans nous avoir répété que le chemin est mauvais et sableux. On nous l’avait déjà dit mais c’était rien de nous le dire…
9h : nous voilà lâchés au milieu de nulle part, avec 3 litres d’eau, 35 à 40 degrés, pas de trace GPS et un plan dessiné à la main. L’île fait 800m de large et 50km de long. Il y a un village au nord, un au sud, et pas d’ombre au milieu, la forêt ayant brûlé. On doit dormir à la pointe sud, pas le temps de tergiverser il faut avancer. Le chemin a été mis en place par une ONG belge et la première blague ne se fait pas attendre : le balisage. Il est inexistant. La deuxième : le chemin. La moitié du temps nous roulons dans du sable, autrement dit on pousse… On se perd plusieurs fois avant de décider d’arrêter de suivre les chemins qui ont l’air tracés et de s’orienter au soleil. Lui ai moins me nous fait pas faux bond, il fait une chaleur étouffante et Morgane surchauffe au bout de 10 km. On échange les vélos, celui de Cédric étant plus performant, et nous voilà repartis. Cédric à l’air d’un crapaud sur une boîte d’allumettes et on a l’impression que Morgane a pris le vélo de son grand frère mais nous avançons beaucoup plus vite.
« On a tellement poussé les vélos aujourd’hui que ce sont eux qui auraient dû nous louer » 
Cédric
Il était temps car l’eau commence à manquer et c’est à sec que nous allons taper à la porte d’une maison au milieu de l’île pour demander de remplir nos bouteilles. Les habitants ne parlent pas anglais mais ils se foutent clairement de nous et nos vélos. Ils ont bien raison. Très gentils ils nous laissent prendre toute l’eau qu’il nous faut et nous finissons notre périple en meilleur état.
On finit par atteindre le village où nous allons dormir après 6 heures de vélo. Reste à chercher une maison dans laquelle ils ne sont pas tous sur le perron en train de se chercher les poux… Nous en trouvons une en tôle et nos hotes nous font une chambre dans la pièce de vie commune avec des draps tendus. Même crevés, on aura du mal à s’endormir dans un tel four.

Là il fait 35 degrès et on frôle la PLS…

Nos compagnons de baignade

Une diva rencontrée au bord du fleuve

Morgane dans une section technique (80% du chemin en gros)

Jour 3:
Journée décrassage après la veille. 50 kilomètres de route goudronnée après avoir rejoint le continent. C’est un peu trop facile. On découvre le tourisme local cambodgien qui consiste à louer des cabanons avec des hamacs et se faire servir à manger et à boire toute la journée. Ça a l’air sympa. Arrivée à Kratie en début d’après midi et on se trouve un hôtel avec piscine pour 5 dollars la nuit, on ne se fait pas prier ! Il faut qu’on redescende en température. Nos sacs sont là et tout va bien. Un chouette périple même si on a bien souffert le deuxième jour.
Pour conclure, les 4 H font vrais et on vous conseille de faire le trajet. Simplement demandez au bateau de vous descendre directement au sud de l’île du deuxième jour et épargnez vous ce passage. 

Bronzage cycliste version piste sablonneuse 

Une récompense de taille: voir les dauphins d’eau douce de l’Irrawady dans le fleuve